Chronique 10 : Les risques de l’exposition de soi sur internet

Bien-aimés dans le Seigneur, paix et joie à vous
de la part de Jésus Christ, notre Unique Sauveur

La culture numérique dans laquelle nous baignons désormais permet à chacun de produire et de partager du contenu avec ses contacts en un clic. Grâce à l’internet et particulièrement aux réseaux sociaux numériques, toute personne pourrait être vue, lue, écoutée, adulée ou critiquée par d’autres internautes. Pour ce faire, il lui suffit de produire et de mettre en ligne des textes, des messages audio ou vidéo, des images. Mais quel est le contenu de ces productions ? Presque tout y passe ! les expériences et soucis personnels, les convictions politiques, idéologiques ou religieuses, les attentes et les frustrations de la vie, les réussites mais aussi les échecs, les passions musicales ou sportives, les événements de la vie ordinaire ou privée. Il n’est pas rare de rencontrer aussi des contenus à caractère sexuel.
On est progressivement passé du simple partage avec les proches à la pleine exposition de soi sur internet. Ce phénomène prend aujourd’hui des proportions inquiétantes dans la mesure où il touche de manière différentielle presque toutes les couches de notre société. Les adultes tout comme les plus jeunes s’y adonnent à cœur joie. Ces derniers ont découvert dans l’application mobile de partage de vidéo et de réseautage Tik Tok un important creuset d’exposition de soi et de célébration naïve de soi. Mais au fond, pourquoi s’exposer sur internet ?
A y voir de près, le premier mobile réside dans une quête de reconnaissance et d’estime de soi par les autres. Francis Jauréguiberry parle volontiers de « cyber-narcissisme ». On s’expose sur la toile pour rechercher comme une fin en soi, la célébrité et la notoriété, la validation sociale de son existence, une porte de sortie de l’anonymat social. D’où l’anxiété permanente à savoir le nombre d’internautes qui ont déjà lu, écouté, vu, apprécié ou commenté les messages mis en ligne. Cette quête presque morbide de cyber-popularité pousse à satisfaire les goûts toujours plus capricieux des internautes parfois au détriment de la vie privée ou même de la décence. Le deuxième mobile prend fait et cause pour la reconnaissance par les autres comme moyen d’atteindre un objectif professionnel, commercial ou sentimental. L’approche est ici purement instrumentale ou utilitaire. L’exposition de soi sur la toile est finalisée à des objectifs autres que la célébration de son ego. Mais quels qu’en soient les mobiles, l’exposition de soi sur internet n’est pas sans risques ni conséquences pour ceux qui s’y adonnent.
Le premier risque naît du fait que le cyber-narcissisme peut aboutir à une véritable tyrannie psychologique sur la personne qui n’existe que par et pour la reconnaissance des autres. Quand celle-ci vient à manquer, c’est la porte ouverte à la dépréciation de soi, à la dépression et parfois malheureusement au suicide.
Le deuxième risque réside dans le fait même qu’internet n’oublie jamais les messages qu’il a reçus. Il en garde toujours des traces dans les bases de données même si l’on a tenté de les supprimer entretemps. C’est dire donc que les publications d’aujourd’hui sur les réseaux sociaux ou autres plateformes numériques peuvent nous valoir de sérieux ennuis dans l’avenir. Ne l’oublions pas, Internet n’oublie pas !
Le troisième risque découle du fait que les données personnelles publiées ou échangées à travers internet pourraient être compilées par un internaute malveillant pour reconstituer les traits de personnalité, les convictions, les goûts, les relations familiales, professionnelles ou même amoureuses, les endroits fréquentés et même l’emploi du temps d’une personne à son insu. Sans le vouloir et peut-être sans le savoir, elle aurait fourni elle-même les armes qui serviraient contre elle.

 

A jeudi prochain si Dieu le veut !

Père Eric Oloudé OKPEITCHA
Diocèse de Porto-Novo


Commentaires

  • Merci bien père pour ces petits extraits très instructifs. C’est un travail fait de mains de maître. Force à vous cher professeur.

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