Chronique n°1 : Mort de quatre prêtres en trois jours : interrogations et actions bénéfiques

Bien-aimés dans le Seigneur,

Paix et Joie à vous de la part de notre Seigneur Jésus Christ !

En l’espace de trois jours, notre Sœur la mort – pour reprendre l’expression de saint François d’Assise – est venue, dans des circonstances diverses, frapper à la porte de quatre diocèses du Bénin pour emporter vers le Père Eternel les abbés Jules DOGANOU (archidiocèse de Cotonou), Maxime FAGBEGNON (diocèse de Dassa-Zoumè), Eric NOUMONVI (Diocèse de Lokossa) et enfin Epiphane SOSSOUNON (diocèse de Porto-Novo).

Si la mort a toujours frappé dans le clergé, c’est bien pour la première fois qu’elle effectue des tirs aussi nourris sur des hommes de Dieu, supposés être les super-protégés du Maître de la vie. Panique générale, révolte à peine contenue, interrogation multiple, tout se croisait et s’entrecroisait dans ce qui s’apparente à un coup de tonnerre dans un ciel serein ou un séisme dans le vaste champ de nos tranquillités et de nos certitudes.

« Vous les prêtres, qu’est-ce qui se passe chez vous ?

Ou bien « Dieu peut-il laisser mourir comme cela ceux qui lui ont consacré toute leur vie et le servent jour et nuit dans la prière ? »

Ou encore « Si le bois vert brûle ainsi, qu’en sera-t-il du bois sec ?

Toutes ces questions et beaucoup d’autres encore sont pertinentes dans la logique humaine et s’inscrivent parfaitement dans le sillage du cri de douleur de l’homme-Dieu sur la croix « Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Face au mystère de la souffrance, du mal et de la mort, l’être humain se trouve confronté à sa finitude qu’il est obligé de regarder en face.

Mais c’est précisément à ce moment-là que l’être chrétien qui est en nous doit surgir et voler au secours de l’être de chair pour nous faire intégrer la logique de Dieu, la logique de la foi. Surtout que la mort des quatre prêtres est intervenue alors que nous finissions la neuvaine préparatoire à la Pentecôte qui boucle définitivement le cycle pascal. L’un des fruits de la célébration du mystère pascal devrait être, à mon sens, la conversion de notre regard sur la mort ; la mort a été vaincue par le Christ, avons-nous chanté à Pâques ;  désormais, la mort devrait être conçue et vécue par le chrétien non comme la fin de tout mais comme un passage vers la vie éternelle.

C’est seulement sur ce terreau que peuvent germer les deux interrogations profondément chrétiennes face au drame de la mort de ces quatre vaillants pasteurs. La première, « A qui irions-nous Seigneur ? » et la deuxième « Seigneur, quel message veux-tu nous transmettre individuellement et en église à travers le retour à toi de tes quatre serviteurs ?

Ces interrogations doivent aboutir à trois actions destinées à implorer la miséricorde divine sur les péchés du défunt et à demander pour les vivants, la protection divine contre le diable habile à profiter de la faiblesse de l’homme face à la mort en raison de sa situation de créature pour semer en lui la peur, l’angoisse, le doute ou même la révolte contre Dieu.

  • La première action : se mettre immédiatement en prière. En apprenant le rappel à Dieu de son frère ou de sa sœur dans la foi, quelles qu’en soient les circonstances, le chrétien doit se mettre immédiatement en prière.
  • La deuxième consistera à prolonger cette prière instantanée, les jours suivants, par la demande de messes et la participation à des messes
  • La troisième résultera en l’observance de jours de jeûne ad libitum.

Bien-aimés dans le Seigneur,

Voilà les interrogations et les actions bénéfiques pour les défunts et les vivants après la visite de notre sœur la Mort dans la logique de la foi chrétienne.

A la semaine prochaine si Dieu le veut !

 

Ecouter le ci-dessous

 

Par le Père Eric Oloudé OKPEITCHA,
Diocèse de Porto-Novo


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