Première édition du pèlerinage national des catéchistes à Dassa-Zoumè.

Première édition du pèlerinage national des catéchistes à Dassa-Zoumè. Le Père Sylvain Yayi nous en parle!

Invité : Père Sylvain Yayi, Secrétaire National de la Commission Épiscopale chargée de la Catéchèse

1. Père Sylvain Yayi, du 5 au 6 juin 2026, Dassa-Zoumè a accueilli la première édition du Pèlerinage National des Catéchistes. Comment est née cette initiative ?

L’année idéale pour organiser ce pèlerinage était l’année du Jubilé de l’Espérance. C’est donc à cette occasion que l’idée a germé dans le cœur de Monseigneur Roger HOUNGBEDJI, président de la commission épiscopale chargée de la Catéchèse au sein de la Conférence Épiscopale du Bénin. Mais pour fédérer les énergies autour du pèlerinage national à Yamoussoukro, la commission a dû laisser en standing by le projet du pèlerinage pour les catéchistes.

Cette année s’est offerte à nous une nouvelle opportunité, celle des 1700 ans du credo de Nicée Constantinople. Pour marquer cet événement ecclésial et pour enfin donner une suite au souhait de notre Président, les évêques du Bénin ont accepté et béni l’organisation du tout premier pèlerinage national des catéchistes dans notre pays. Voilà comment est née l’initiative qui a connu son effectivité les 5 et 6 juin 2026 aux pieds de Notre Dame d’Arigbo de la Paix et de l’Unité de Dassa-Zoumè.

2. Quels étaient les principaux objectifs poursuivis à travers ce pèlerinage national ?

Les objectifs poursuivis sont de deux ordres. Dans un premier temps, il nous a paru nécessaire de marquer (de prolonger) l’année de l’espérance en offrant une marche synodale aux hérauts de la Bonne Nouvelles que sont les catéchistes. Dans un second temps, nous avons voulu les rassembler pour qu’ensemble, venus de tous les diocèses de notre pays, ils se sentent frères et sœurs et prient en frères et sœurs, les uns pour les autres, étant donné qu’ils portent une mission commune : celle d’être des messagers et témoins de Jésus Christ.

3. Quelle a été la mobilisation des diocèses et des catéchistes à cette première édition ?

Tous les diocèses ont répondu présents à ce rendez-vous pour constituer un effectif de plus de 1500 pèlerins inscrits. Mais dans la réalité de l’affluence observée, il faut noter plus de 2000 pèlerinages qui ont accouru aux pieds de la Vierge Marie.

4. Quels ont été les moments les plus marquants de ces trois jours de pèlerinage ?

Pour dire vrai et à en croire aux témoignages des uns et des autres, c’est tout le pèlerinage même qui a été un moment fort pour les participants. Des exercices spirituels tels que le chemin de croix et la procession aux flambeaux très recueillants, la messe d’ouverture et l’adoration silencieuse qui ont marqué le premier jour ont tout dit de la qualité de l’esprit avec lequel les pèlerins ont vécu ce pèlerinage. Que dire de la messe de clôture présidée par Monseigneur Roger HOUNGBEDJI, qui au nom de tous les évêques a délivré un message fort impressionnant aux catéchistes.

5. Quel message les évêques du Bénin ont-ils voulu transmettre aux catéchistes à travers cette initiative ?

Les évêques, à l’occasion de ce pèlerinage portaient, principalement un message en trois points. Dans un premier temps, il s’agissait pour les évêques de témoigner aux catéchistes leur reconnaissance pour tout le zèle avec lequel ils s’adonnent à leur mission sur les paroisses et dans les diocèses. Ils n’ont peut-être pas l’occasion de l’entendre assez : ils ont une grande place dans la transmission de la foi et l’éducation à la foi dans les diocèses. Dans un deuxième temps, nos pères les évêques ont voulu leur rappeler leur mission de messager de la Bonne Nouvelle du salut. Dans ce sens, il leur a été rappelé qu’ils devaient se guider par la Parole de Dieu qu’ils annoncent et ne pas négliger de s’inscrire dans les diverses écoles de la catéchèse, de théologie et de la pastorale afin d’approfondir leur connaissance du Christ et d’être mieux outillés pour remplir cette tâche que l’Eglise leur confie. Et enfin, face aux contre témoignages de certains catéchistes (le syncrétisme, la vie de polygamie, le manque de loyauté, l’alcoolisme, etc..), les évêques attirent leur attention sur la nécessité pour eux de devenir témoins du Christ. L’exemplarité de leur vie, la patience avec laquelle ils annoncent la Bonne Nouvelle, tout cela constituent des lieux de témoignage qui peuvent rendre plus efficace leur mission.

6. Quel était le thème du pèlerinage ? Invitait-il les participants à répondre à des défis particuliers de la mission catéchétique aujourd’hui ?

Le thème du pèlerinage était assez simple mais très riche en enseignement : « la catéchèse, une mission ecclésiale ». Bien évidemment qu’il invitait les participants à toucher du doigt les défis particuliers de la mission catéchétique. Le Père Romain AHOLOU, Directeur Diocésain de la Catéchèse de Porto-Novo, a eu la joie de rappeler aux catéchistes que leur mission s’inscrit dans celle de l’Église qui « continuant la mission du Maître, Jésus, et sous l’action de l’Esprit, a été appelée à être éducatrice de la foi ». Il a aussi présenté l’identité du catéchiste. Il précise d’ailleurs : « Pour l’Église, être catéchiste, c’est être l’homme de Dieu ; c’est marcher avec Dieu – qui a ressuscité Jésus par la puissance de l’Esprit Saint- au milieu des hommes ; c’est servir ses frères, les former et les aider à devenir à leur tour des témoins de Jésus et de la foi au milieu des leurs ». Au nombre des défis pour la mission du catéchiste, il a fait observer qu’il faut se laisser conduire par l’Esprit, vivre le mystère du Christ « envoyé », aimer l’Égliseet les hommes comme Jésus les a aimés. Pour lui, le véritable missionnaire, c’est le saint.

7. Quels sont actuellement les principaux défis auxquels sont confrontés les catéchistes dans nos paroisses et nos communautés chrétiennes ?

La session nationale de la catéchèse qui a précédé ce pèlerinage a été l’occasion pour les directeurs diocésains de se pencher sur la vie des catéchistes et sur la pastorale catéchétique dans nos paroisses et diocèses. Au nombre des principaux défis identifiés, nous pouvons évoquer la question de la formation des catéchistes, de leur accompagnement. Bien souvent, peu parmi eux se répondent aux invitations des responsables qui organisent des retraites, recollections ou formations à leur intention. Dans la partie septentrionale de notre pays, il faut noter l’offensive de l’islam qui réussit à débaucher quelques catéchistes, la morosité économique qui fait que plusieurs catéchistes ont dû déserter leur village à la recherche de la pitance.

8. Quels fruits concrets retenez-vous déjà de cette première édition du pèlerinage national ?

De cette première édition du pèlerinage national, nous pouvons rendre grâce à Dieu qui a réchauffé les cœurs de ces envoyés qui ne sont certainement pas repartis chez eux comme ils sont venus. Ils ont emporté avec eux l’abondance de la bénédiction de Dieu et la fervente prière de la Vierge Marie. Nous rendons grâce aussi pour la profondeur des enseignements qui ont touché les cœurs et à coup sûr provoqué des conversions, ou tout au moins des questionnements. Enfin, nous pouvons espérer aussi que les manuels qui ont fait partie du kit du pèlerin constituent des outils entre leurs mains pour accompagner leur mission.

9. Peut-on espérer que ce pèlerinage devienne désormais un rendez-vous régulier pour les catéchistes du Bénin ? Quelles sont les perspectives envisagées ?

Plusieurs pèlerins ont souhaité que l’on ne s’arrête point à cette première édition. Dans ce sens, la commission a souhaité que le pèlerinage national soit organisé tous les deux ans.

10. Pour terminer, quel message souhaitez-vous adresser aux catéchistes du Bénin ainsi qu’à tous ceux qui s’engagent dans la transmission de la foi aux jeunes générations ?

Au nom de Monseigneur Roger HOUNGBEDJI, Président de la Conférence Épiscopale du Bénin et Président de la Commission épiscopale chargée de la Catéchèse, de la Liturgie et de la Nouvelle Évangélisation, je voudrais sincèrement dire merci à tous les catéchistes de tous les diocèses de notre pays, à ceux qui ont pu faire le déplacement de Dassa-Zoumè et à tous les autres qui se donnent à la tâche afin que le dépôt de la foi soit transmis dans sa pureté aux jeunes générations. Je voudrais leur dire que Conférence Épiscopale du Bénin apprécie l’excellent travail qu’ils font et les félicite. À ceux et celles qui sentent l’appel de Dieu pour cette mission, je voudrais dire que c’est un bonheur durable et profond de transmettre l’héritage de la foi que nous avons reçu.

Question bonus (très radio et très personnelle) :

« Père Sylvain, si vous deviez résumer en une seule phrase ce que chaque catéchiste devait ramener de Dassa-Zoumè dans son diocèse, quelle serait cette phrase ? »

Cette dernière question constitue souvent une excellente transition vers la conclusion de l’émission.

Je veux trahir un secret. A la fin de la communication du père Romain AHOLOU, plusieurs catéchistes ont demandé un slogan. Il leur a été proposé le slogan que je reprends ici en guise de résumé de ce que chaque pèlerin doit emporter avec lui :

« Catéchiste, Messager de la Bonne Nouvelle du Salut, témoin du Christ mort et ressuscité ».